M. le maire estil chez lui . demanda d'une voix sourde l'homme auquel elle adressait la parole, Oui. Eh bien ! mère Antoine, allez lui dire que j'ai tué ma femme, et que je viens me constituer prisonnier. La mère Antoine poussa un cri auquel répondirent deux ou trois exclamations arrachées par la terreur à des personnes qui se trouvaient assez près pour entendre ce terrible aveu. Je fis moimême un pas en arrière, et rencontrai le tronc d'un tilleul, auquel je m'appuyai. Au reste, tous ceux qui se trouvaient à la portée de la voix étaient restés immobiles. faux vanessa bruno moyen Quant au meurtrier, il avait glissé de la borne à terre, comme si, après avoir prononcé les fatales paroles, la force l'eût abandonné. Cependant la mère Antoine avait disparu, laissant la petite porte ouverte, Il était évident qu'elle était allée accomplir près de son maître la commission dont Jacquemin l'avait chargée, Au bout de cinq minutes, celui qu'on était allé chercher parut sur le seuil de la porte, Deux autres hommes le suivaient. Je vois encore l'aspect de la rue, Jacquemin avait glissé à terre comme je l'ai dit Le maire de FontenayauxRoses. que venait d'aller chercher la mère Antoine, se trouvait debout près de lui, le dominant de toute la hauteur de sa taille, qui était grande, Dans l'ouverture de la porte se pressaient les deux autresI LA RUE DE DIANE A FONTENAYAUXROSES11Page 15 Les mille et un fantomespersonnes dont nous parlerons plus longuement tout à l'heure, J'étais appuyé contre le tronc d'un tilleul planté dans la GrandeRue, mais d'où mon regard plongeait dans la rue de Diane, A ma gauche était un groupe composé d'un homme, d'une femme et d'un enfant, l'enfant pleurant pour que sa mère le prît dans ses bras. Derrière ce groupe un boulanger passait sa tête par une fenêtre du premier, causant avec son garçon qui était en bas, et lui demandant si ce n'était pas Jacquemin, le carrier, qui venait de passer en courant . puis enfin apparaissait, sur le seuil de sa porte, un maréchal ferrant, noir par devant, mais le dos éclairé par la lumière de sa forge dont un apprenti continuait de tirer le soufflet. Voilà pour la GrandeRue, Quant à la rue de Diane,à part le groupe principal que nous avons décrit,elle était déserte, Seulement à son extrémité l'on voyait poindre deux gendarmes qui venaient de faire leur tournée dans la plaine pour demander les ports d'armes, et qui, sans se douter de la besogne qui les attendait, se rapprochaient de nous en marchant tranquillement au pas. sac vanessa bruno reproduction images Une heure un quart sonnait.I LA RUE DE DIANE A FONTENAYAUXROSES12Page 16 II L'IMPASSE DES SERGENTS.A la dernière vibration du timbre se mêla le bruit de la première parole du maire,Jacquemin, ditil, j'espère que la mère Antoine est folle . elle vient de ta part me dire que ta femme est morte, et que c'est toi qui l'as tuée ! C'est la vérité pure, monsieur le maire, répondit Jacquemin. Il faudrait me faire conduire en prison et juger bien vite, Et, en disant ces mots, il essaya de se relever, s'accrochant au haut de la borne avec son coude . mais, après un effort, il retomba, comme si les os de ses jambes eussent été brisés. Allons donc ! tu es fou ! dit le maire, Regardez mes mains, réponditil. trousse vanessa bruno pas cher Et il leva deux mains sanglantes, auxquelles leurs doigts crispés donnaient la forme de deux serres. En effet, la gauche était rouge jusqu'audessus du poignet, la droite jusqu'au coude, En outre, à la main droite, un filet de sang frais coulait tout le long du pouce, provenant d'une morsure que la victime, en se débattant, avait, selon toute probabilité, faite à son assassin. Pendant ce temps, les deux gendarmes s'étaient rapprochés, avaient fait halte à dix pas du principal acteur de cette scène et regardaient du haut de leurs chevaux. Le maire leur fit un signe . ils descendirent, jetant la bride de leur monture à un gamin coiffé d'un bonnet de police et qui paraissait être un enfant de troupe, Après quoi ils s'approchèrent de Jacquemin et le soulevèrent pardessous les bras. Il se laissa faire sans résistance aucune, et avec l'atonie d'un homme dont l'esprit est absorbé par une unique pensée, Au même instant, le commissaire de police et le médecin arrivèrent . ils venaient d'être prévenus de ce qui se passait.